Image symboliqueTrump promet un « grand et bel » accord sur l'Ukraine, l'Europe craint d'être écartée
Trump a annoncé un accord d'envergure après avoir rencontré l'émissaire de Poutine, Kirill Dmitriev, et les Européens redoutent d'être mis à l'écart. Des pourparlers russo-ukrainiens sous médiation américaine s'ouvrent à Abou Dabi le 10 novembre.
Après un entretien privé avec Dmitriev à la Maison-Blanche le jeudi 5 novembre, Trump a dit ne pas pouvoir révéler leur discussion, mais a prédit « un grand et bel accord » qui « pourrait concerner toute l'Europe ». Il a affirmé ne pas avoir rencontré la délégation ukrainienne, présente à Washington pour un événement organisé par Melania Trump. Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a tempéré les attentes : Moscou ne voit aucune disposition européenne à discuter d'un futur système de sécurité, et les Européens n'ont pas désigné de négociateur, tout en jugeant nécessaires des discussions avec eux.
Le cadre de sécurité de Kushner
Jared Kushner a indiqué que des responsables américains avaient tenu à Bruxelles des discussions « productives et substantielles » avec l'Ukraine, l'OTAN et des partenaires européens, explorant cinq objectifs dont des consultations permanentes de sécurité et des mesures réciproques pour réduire les risques d'escalade. Il a ajouté que l'OTAN restait centrale et qu'aucun pays n'aurait de veto sur les choix d'un autre. Le Financial Times rapporte que des responsables européens redoutent un accord américano-russe affaiblissant l'OTAN, et le chef du gouvernement polonais Donald Tusk a déclaré que la menace russe allait croître, les États baltes et la Pologne étant les premières cibles.
Berlin exige une place à la table
Après l'entretien nocturne entre le chancelier Friedrich Merz et Trump, le porte-parole du gouvernement Stefan Kornelius a déclaré qu'il y avait accord pour mettre d'abord fin à la guerre, puis discuter d'un ordre de sécurité européen, avec les partenaires de l'OTAN associés par consensus. Il a jugé des pourparlers sans l'Europe peu productifs.
Abou Dabi et le volet d'Oleshky
Les pourparlers d'Abou Dabi sont les premiers entre la Russie et l'Ukraine depuis février, sans les Européens. Melania Trump a dit qu'environ 800 personnes avaient été évacuées d'Oleshky pendant le cessez-le-feu de six jours, un chiffre qu'aucune des parties n'a confirmé ; la médiatrice russe Yana Lantratova a déclaré que bien moins des 750 habitants à qui l'on avait offert de partir l'avaient fait. Melania Trump a remis à Dmitriev une lettre pour Poutine, et il est attendu à Moscou.
Autres opinions
Les commentaires de la FAZ lisent la rencontre comme Trump mordant à l'hameçon de Poutine aux dépens de l'Ukraine, tandis que le Kremlin présente l'Europe comme le camp privé de négociateur.