Image symboliqueDes drones éthiopiens frappent des troupes érythréennes au Tigré, la crainte d'une guerre grandit
Des drones éthiopiens ont frappé des troupes érythréennes entrées au Tigré, selon l'observatoire des conflits Acled. Les observateurs redoutent une guerre directe entre les deux voisins.
Des véhicules militaires transportant des soldats érythréens ont franchi la frontière mercredi 7 octobre et atteint Adigrat, selon des témoins civils, un commandant de milice et Acled. Acled affirme que des drones du gouvernement éthiopien les ont frappés le soir même, puis jeudi matin. Un témoin a dit à l'AFP que des camions érythréens avaient été détruits. La ministre éthiopienne de la Communication a exigé le retrait immédiat de toutes les forces étrangères. Le ministre érythréen de l'Information accuse Addis-Abeba de fabriquer un faux récit de « légitime défense » pour justifier une agression, sans confirmer ni démentir explicitement la présence de troupes.
Pourquoi l'Érythrée avance
Selon l'analyste d'Acled Jalale Getachew Birru, l'Érythrée est soupçonnée de soutenir l'Alliance pour la survie, dont fait partie le TPLF, et voudrait une zone tampon hostile à Addis-Abeba au Tigré. Le commandant de la Tigray Peace Force, progouvernementale, avance un argument proche : l'Érythrée veut que les combats restent au Tigré plutôt que de gagner son territoire.
Rupture diplomatique
L'Éthiopie a fermé jeudi dernier son ambassade à Asmara et expulsé 10 diplomates érythréens, et l'Érythrée a rompu les relations. Les États-Unis ont appelé les deux camps à une « retenue maximale », tandis que l'Éthiopie insiste pour que ses intérêts en mer Rouge soient pris en compte dans tout débat régional sur la sécurité.
Autres opinions
Telesur rapporte l'approbation jeudi du cabinet d'Abiy Ahmed par le Parlement et ne mentionne le Tigré que comme un défi, sans les frappes de drones. Sur Mekele, The Guardian dit qu'une milice alliée l'a prise, The National que les forces fédérales l'ont reprise.