Image symboliqueLe Parlement turc ouvre la voie à la dissolution du PKK, le sort d'Öcalan en suspens
Le Parlement turc a adopté lundi une loi permettant aux combattants du PKK qui déposent les armes de retrouver la vie civile. La direction du mouvement juge les conditions insuffisantes.
Les députés ont adopté le texte lundi 10 août par 468 voix contre 88 et six abstentions, avec le soutien de l'AKP du président Erdogan, de son allié nationaliste MHP et du parti prokurde DEM. La loi ne prévoit pas d'amnistie générale mais suspend les poursuites et l'exécution des peines pour certaines infractions durant cinq à dix ans, en excluant les auteurs de crimes graves comme l'homicide volontaire; une commission gouvernementale et les services de renseignement MIT superviseront le désarmement. Des députés turcs estiment que quelque 3 500 des près de 10 000 détenus liés au PKK pourraient être libérés dans une première phase; la rébellion lancée en 1984 a fait plus de 40 000 morts, au moins 50 000 selon Le Monde.
La direction du PKK objecte
Dimanche 9 août, la direction du PKK a dénoncé de « graves erreurs et lacunes » dans le projet de loi et affirmé que nombre de ses dispositions resteraient sans effet tant qu'Öcalan ne serait pas libéré, rapporte la FAZ.
Öcalan n'est pas mentionné
Le texte ne cite pas le fondateur, âgé de 77 ans et détenu à Imrali depuis 1999, et ne touche pas aux revendications kurdes plus larges en matière de droits politiques et culturels. Le vice-président Cevdet Yilmaz a déclaré que son cas ne relevait pas de cette loi et qu'il restait en mesure de contribuer au processus.
Autres opinions
Le Global Times a repris le récit de Xinhua comme une étape procédurale historique, sans mentionner les objections du PKK ni Öcalan.