Image symboliqueL'épidémie d'Ebola en RDC devient la deuxième plus importante jamais enregistrée
Les autorités congolaises ont signalé vendredi 3 532 cas confirmés d'Ebola et 1 556 décès, faisant de cette épidémie la deuxième plus importante jamais recensée. L'ONU la qualifie de crise Ebola à la progression la plus rapide qu'elle ait jamais observée.
Ce qui s'est passé
- La RDC a déclaré sa 17e épidémie le 15 mai ; elle implique la souche rare Bundibugyo, pour laquelle aucun vaccin n'est approuvé.
- Les cas touchent cinq provinces de l'est du pays ; l'Ituri en concentre près de 90 %, selon l'OMS.
- Le coordinateur de l'ONU Julien Harneis a déclaré cette semaine que le nombre de cas double tous les 20 jours.
- Seule l'épidémie d'Afrique de l'Ouest de 2014-16 fut plus importante : 28 616 cas, 11 310 décès.
- The Guardian a rapporté vendredi des chiffres inférieurs : 3 360 cas, 1 487 décès, un taux de létalité proche de 45 %.
Le regard extérieur
Le Monde et la FAZ replacent la réponse dans le contexte des guerres de l'est de la RDC et de l'hostilité locale : des combattants des ADF ont tué plus de 30 civils en Ituri ces derniers jours, et les habitants accusent les intervenants internationaux d'être à l'origine de l'épidémie, le personnel ayant selon certaines informations été pris pour cible. Daily Sabah, citant Reuters, ajoute que l'OMS estime que l'ampleur réelle pourrait être quatre fois supérieure aux chiffres officiels.
Ce qui pourrait se passer ensuite
- Africa CDC estime qu'1,4 milliard de dollars sont nécessaires ; le plan mai-août de la RDC a reçu 213,9 millions de dollars d'engagements sur les 242,4 millions requis.
- Les essais de vaccin à Bundibugyo ont débuté début juillet, avec une vingtaine de personnes recrutées ; les résultats pourraient prendre jusqu'à quatre mois.
- Hilleman Laboratories a annoncé jeudi qu'il développerait le candidat vaccin jugé le plus prometteur par l'OMS.
- L'Ouganda a déclaré la fin de son épidémie mardi, 12 jours après son dernier cas ; l'OMS estime que le risque persiste.