Image symboliqueLes liens entre l'Irak et le Golfe mis à rude épreuve après des frappes américano-saoudiennes contre des milices alignées sur l'Iran
Des avions américains et saoudiens ont bombardé mercredi des bases des Forces de mobilisation populaire irakiennes, tuant au moins 20 combattants selon le décompte des FMP elles-mêmes, marquant ainsi la première opération conjointe saoudo-américaine des cinq mois de guerre avec l'Iran. Quelques heures plus tard, le Commandement central américain a lancé ce qu'il a qualifié de vague massive de frappes contre des dizaines de cibles des Gardiens de la révolution en Iran, en représailles aux tirs de missiles iraniens contre des bases américaines en Jordanie. Bagdad a depuis reporté une visite prévue du Premier ministre à Riyad.
Irak Iran Arabie saoudite États-UnisHouthi movementIslamic Revolutionary Guard CorpsPopular Mobilisation ForcesUnited States Central Command
Ce qui s'est passé
Mercredi 29 juillet, des avions de chasse américains et saoudiens ont frappé des bases des Forces de mobilisation populaire (FMP), l'organisation faîtière des factions paramilitaires irakiennes sanctionnées par l'État. Les FMP affirment que les raids ont tué 20 de leurs combattants. La veille, l'armée saoudienne avait indiqué avoir intercepté des attaques de drones contre ses installations pétrolières, lancées par des milices irakiennes alignées sur l'Iran, et Riyad a justifié l'opération comme relevant de la légitime défense au titre de la Charte des Nations unies ; un porte-parole du ministère saoudien de la Défense a déclaré que le royaume ne recherchait pas l'escalade mais répondrait avec fermeté à toute agression. C'était la première fois, en cinq mois de guerre avec l'Iran, que les forces saoudiennes agissaient militairement aux côtés des États-Unis. À 20 heures, heure de Washington, le même jour, le CENTCOM a entamé ce qu'il a appelé une vague massive de frappes contre des dizaines de cibles des Gardiens de la révolution en Iran, y compris des centres de commandement, des installations de missiles et de drones ainsi que des sites de défense côtière, en réponse aux attaques de missiles balistiques iraniens contre des bases américaines en Jordanie mardi 28 juillet ; des agences ont rapporté des explosions à Bouchehr et à Bandar Abbas. Le Premier ministre irakien a reporté le lendemain une visite prévue en Arabie saoudite.
Le regard extérieur
The National, à Abou Dhabi, présente ces frappes comme l'un des deux fronts qui se resserrent autour de l'Arabie saoudite, aux côtés du Yémen, où les Houthis ont attaqué des navires saoudiens et revendiqué des frappes sur des sites pétroliers à Jizan et Yanbu. Le journal souligne que Bahreïn, le Koweït, le Qatar, les Émirats arabes unis et la Jordanie ont tous été touchés par des missiles et des drones iraniens, et que le détroit d'Ormuz reste fermé. Les analystes qu'il cite estiment que Bagdad s'oppose aux attaques des milices contre ses voisins mais ne dispose pas de la souveraineté nécessaire pour les arrêter.
Ce qui pourrait se passer ensuite
Le report du voyage à Riyad témoigne du préjudice porté aux années d'efforts de Bagdad pour construire des liens avec le Golfe, y compris son rôle de médiateur entre l'Arabie saoudite et l'Iran. Un responsable proche du Premier ministre irakien a déclaré à The National que la visite aura tout de même lieu à un moment donné, et les responsables irakiens insistent sur le fait que le pays n'est pas un terrain de règlement de comptes. Le ministre saoudien de la Défense a évoqué les frappes avec le président et le vice-président américains à la Maison Blanche quelques heures après leur exécution, selon une source régionale.
United States: CENTCOM says the strikes reduce threats from Iran and its proxies to American forces, commercial shipping and Gulf neighbours.
Saudi Arabia: Riyadh calls the raids self-defence under the UN Charter after drone attacks on its oil facilities and says it does not seek escalation.
Iran and allied militias: Tehran struck US bases in Jordan first, and the PMF reports 20 of its fighters killed and 32 wounded in the Iraqi raids.
Iraq: Baghdad says it is not an arena for settling scores, postponed its prime minister's Riyadh visit, and concedes it cannot stop militias launching from its soil.
Également impliqués
À lire
- Les liens entre l'Irak et le Golfe menacés alors que les frappes saoudiennes contre des milices soutenues par l'Iran font craindre une escaladeThe National
- Les États-Unis lancent une « vague massive » de frappes en réponse à l'attaque iranienne contre des bases en JordanieEl País
- Ce que les frappes américano-saoudiennes contre des milices affiliées à l'Iran en Irak révèlent sur le conflit plus largeThe National