Image symboliqueLe président du Paraguay annonce sa démission alors que l'effondrement de la banque Ueno aggrave la crise
Le président Santiago Peña a annoncé jeudi sa démission, après la mise sous tutelle de la banque numérique Ueno par la banque centrale et le gel d'environ 3 millions de comptes. Le Congrès ne l'a pas acceptée et la procédure de destitution se poursuit.
M. Peña, en fonctions depuis août 2023, a déclaré dans une vidéo sur X qu'il se retirait pour la stabilité du pays et la paix sociale. Il détenait des parts du groupe propriétaire d'Ueno jusqu'en 2025, et la banque gérait selon The Guardian entre 800 et 850 millions de dollars de fonds publics et de retraites. Alors que les députés débattaient de la destitution jeudi 5 novembre, son propre Parti Colorado a annoncé qu'il voterait pour, et l'ex-président Horacio Cartes l'a également soutenue. La Chambre des députés a ensuite approuvé la destitution à l'unanimité, avec 78 membres présents, selon Folha. Des milliers de personnes ont manifesté devant le Congrès à Asunción.
Démission pas encore acceptée
Une session conjointe du Congrès n'a pu voter sur la démission faute de quorum, après le départ des députés de la majorité de l'hémicycle, rapportent Le Monde et Folha ; M. Peña reste donc techniquement président. Il affirme qu'il se présentera devant le Sénat pour se défendre, une première audience étant prévue vendredi.
Versements et enquêtes
Le président de la banque centrale, Carlos Carvallo, a démissionné à la demande de M. Peña, et huit cadres d'Ueno sont en détention provisoire, selon Le Monde. M. Peña a promulgué une loi permettant de premières avances aux épargnants. Des sénateurs de l'opposition ont en outre déposé une plainte pour enrichissement illicite contre lui, rapporte TASS en citant ABC Color.