Image symboliqueLes dirigeants de l'UE soutiennent un nouvel instrument commercial contre la Chine, Pékin met en garde
Les dirigeants de l'UE ont appuyé l'initiative franco-allemande en faveur d'un nouvel instrument pouvant restreindre l'accès chinois au marché unique. La Commission prépare aussi des restrictions sur les produits chimiques et machines chinois.
Lors du sommet de Bruxelles ouvert jeudi 15 octobre, les dirigeants ont chargé la Commission de reprendre l'idée d'un « instrument de seconde frappe », ont indiqué des diplomates à la FAZ. Selon eux, l'approbation a été unanime, y compris de l'Espagne, de la Hongrie et de la Pologne, jusqu'ici plus réticentes à protéger le marché. La présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, aurait promis des propositions concrètes dès décembre, peut-être. L'outil permettrait à l'UE de répondre aux pressions de la Chine ou d'autres États en refusant l'accès au marché en partie, voire totalement dans les cas extrêmes. Le South China Morning Post parle d'un « kill switch » commercial et le relie à un déficit bilatéral record.
Chimie et machines ensuite
Selon la FAZ, von der Leyen a annoncé à huis clos des mesures contre les importations de machines et de produits chimiques, secteurs où l'industrie allemande souffre le plus. Le commissaire au commerce Maroš Šefčovič a qualifié l'accord sur les hybrides, qui plafonne d'abord les importations à 350 000 véhicules, de modèle pour d'autres secteurs; la pharmacie et les éoliennes ont aussi été évoquées. La Commission indique que le dialogue avec la Chine reprend en janvier, mais qu'elle continue entre-temps à travailler sur des clauses de sauvegarde.
La Commission tiendrait le levier
La conception reste ouverte; une option serait d'adapter l'instrument anti-coercition. Contrairement à celui-ci, la Commission pourrait agir de façon assez autonome, et les États devraient réunir une majorité qualifiée pour l'arrêter. Par ailleurs, Bruxelles prépare une loi de diversification avec un seuil possible de 40 % par fournisseur, que Berlin juge critique si elle s'impose directement aux entreprises.
Pékin met en garde contre la pression
Bloomberg rapporte que la Chine avertit l'UE de ne pas sous-estimer sa capacité à riposter commercialement. Selon le titre de Global Times, le ministère du Commerce met en garde contre la recherche de gains par la pression et appelle à des efforts communs pour des relations stables. Reuters titre que la Chine est prête à coopérer sur les déséquilibres mondiaux.
Autres opinions
Le Global Times, proche de l'État, présente la démarche comme une pression de l'UE. Un commentaire de la FAZ juge l'Allemagne hypocrite et cite une estimation de l'IW d'un déficit avec la Chine supérieur à 100 milliards d'euros en 2026.