Image symboliqueLes États-Unis sanctionnent la Cour pénale internationale dans son ensemble
Les États-Unis ont imposé vendredi des sanctions contre l'ensemble de la Cour pénale internationale, quelques heures après que l'ancienne juge de la CPI Navi Pillay a reçu le prix Nobel de la paix. La Cour dénonce une attaque contre l'État de droit.
Le secrétaire d'État Marco Rubio a déclaré que Washington interdirait toute transaction avec ce qu'il appelle un tribunal voyou : « Soit la CPI mettra fin à ses menaces, soit nous mettrons fin à la CPI. » Les entreprises disposent de 180 jours pour cesser leurs relations avec la Cour, et M. Rubio a dit espérer encore une solution diplomatique, sans préciser laquelle. La CPI affirme ne pas se laisser intimider et a appelé ses 125 États membres à la défendre. Washington avait déjà sanctionné en deux ans 13 responsables de la Cour, dont la moitié de ses 18 juges.
Exemptions et contournements
Le Trésor américain a publié quatre licences générales autorisant certaines transactions pour les télécommunications, les logiciels, les pensions et les détenus de la CPI. Selon le Financial Times, la Cour avait déjà remplacé Microsoft par l'allemand openDesk pour ses logiciels de bureau et rompu avec son assureur Axa.
Réactions européennes et onusiennes
La Commission européenne s'est dite prête à prendre toutes les mesures nécessaires pour permettre à la Cour de poursuivre son travail, sans préciser si elle recourrait à son mécanisme de blocage. Le premier ministre néerlandais Rob Jetten s'est dit très déçu et souhaite que les six mois servent à négocier avec Washington. Le haut-commissaire de l'ONU aux droits de l'homme, Volker Türk, a jugé ces sanctions inacceptables.