Image symboliqueZelensky, premier invité étranger de Burnham, avant des entretiens à Washington
6 sources
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a visité lundi une base navale britannique, devenu le premier dirigeant étranger reçu par le nouveau Premier ministre britannique Andy Burnham, entré en fonction le 20 juillet. Londres a annoncé qu'il céderait à Kiev la propriété intellectuelle de son brouilleur électronique « Stone Cloak » afin que l'Ukraine puisse le produire à grande échelle. Cette visite précède une rencontre entre Zelensky et le président américain Donald Trump à Washington mardi, tandis que le Kremlin a jugé prématuré de commenter les discussions américano-ukrainiennes rapportées sur un cessez-le-feu aérien.
Royaume-Uni Russie Ukraine États-Unis
Andy Burnham takes office as UK prime ministerTrump to host Netanyahu and Zelensky at the White House
Ce qui s'est passé
Volodymyr Zelensky s'est rendu en Grande-Bretagne lundi, devenant le premier dirigeant étranger accueilli par Andy Burnham, qui a remplacé Keir Starmer au poste de Premier ministre le 20 juillet. La rencontre s'est tenue sur une base navale britannique, où les deux hommes ont rendu visite aux militaires britanniques et ukrainiens participant à des programmes de formation dirigés par le Royaume-Uni. Selon Downing Street, dont l'annonce faite dimanche soir a été reprise à l'identique par The Guardian, TASS, le South China Morning Post et Politika, Burnham a profité de l'occasion pour annoncer que la Grande-Bretagne transférera à l'Ukraine la propriété intellectuelle d'un système de guerre électronique appelé Stone Cloak, permettant à Kiev de fabriquer l'appareil à grande échelle plutôt que de dépendre des livraisons. Ce brouilleur, décrit comme ayant à peu près la taille d'une tablette informatique, est installé sur des drones pour empêcher les défenses aériennes russes de les repérer et de les cibler ; le ministère britannique de la Défense en a déjà fourni des milliers d'exemplaires. The Guardian rapporte que cette technologie doit également équiper de nouveaux armements britanniques, dont des missiles de croisière. Les militaires présents sur la base avaient participé à l'exercice Sea Breeze, un déploiement réunissant 15 pays centré sur la lutte contre les mines et d'autres opérations maritimes en mer Noire ; sa deuxième phase, tenue à Portland, dans le Dorset, s'est achevée vendredi et a mobilisé plus de 200 militaires ukrainiens, qui, selon Politika, ont passé trois semaines en Grande-Bretagne. Les chiffres publiés par Downing Street évaluent le soutien britannique total à l'Ukraine depuis février 2022 à 25 milliards de livres sterling, dont 16 milliards d'aide militaire. Par ailleurs, un responsable de la Maison-Blanche a confirmé à l'AFP, sous couvert d'anonymat, selon Breitbart citant Euronews, que Zelensky rencontrera Donald Trump à Washington mardi.
Les camps
Burnham a présenté cette visite sous le signe de la continuité, affirmant que la Grande-Bretagne se tient aux côtés de l'Ukraine « épaule contre épaule », que son soutien « reste inébranlable », et que « la Russie ne doit avoir aucun doute sur notre détermination, et nous ne reculerons pas tant que nous n'aurons pas obtenu une paix durable et juste pour l'Ukraine ». Ses services ont évoqué le maintien d'un « lien indéfectible » entre les deux pays, faisant écho à un appel tenu avec Zelensky quelques heures après sa prise de fonction. Côté ukrainien, The Guardian rappelle que Zelensky, lors d'une conférence de presse avec Starmer, avait dit espérer construire une relation solide avec Burnham et le rencontrer au plus vite ; Zelensky a également déclaré s'être entretenu avec l'émissaire américain Steve Witkoff et Jared Kushner dans le cadre des efforts pour relancer des négociations dans l'impasse. La position de Moscou est relayée par TASS, qui a rapporté factuellement le transfert de propriété intellectuelle sans commentaire officiel russe, mais l'a associé à une interview dans laquelle le membre de la Chambre des lords Richard Balfe a estimé que le soutien britannique se poursuivrait sous le nouveau gouvernement, alors que le sujet suscite « très peu d'intérêt » parmi les citoyens britanniques ordinaires. Sur le plan diplomatique, Reuters rapporte que le Kremlin juge prématuré de commenter les discussions américano-ukrainiennes rapportées sur un cessez-le-feu aérien ; la teneur de ces discussions n'est pas confirmée par les sources disponibles.
Le regard extérieur
Les médias extérieurs aux parties concernées présentent la visite avant tout comme un signal sur l'orientation du nouveau gouvernement britannique. Le South China Morning Post, reprenant une dépêche de l'Agence France-Presse, place l'annonce du Stone Cloak en fin d'article et met en avant la portée symbolique du fait que Zelensky soit le premier dirigeant étranger reçu par un Premier ministre en poste depuis une semaine, présentant explicitement ce déplacement comme intervenant « avant la rencontre de Zelensky avec Trump ». Politika, en Serbie, s'appuyant sur Reuters et Tanjug, insiste sur la dimension de la formation militaire et sur la continuité avec Starmer, rappelant sa visite à Kiev quelques jours avant sa démission et une promesse de 300 millions d'euros pour aider à équiper l'Ukraine d'un escadron de 16 avions de chasse suédois Gripen.
Ce qui est nouveau
Jusqu'à présent, les premiers jours de Burnham au pouvoir avaient été marqués par des mesures intérieures. Il s'agit ici de son premier engagement de politique étrangère avec un chef d'État et du premier test concret permettant de savoir si la ligne de Starmer sur l'Ukraine survit au changement de Premier ministre. La nouveauté par rapport aux jours précédents réside dans le transfert de propriété intellectuelle plutôt que de matériel, ce qui fait passer le soutien britannique de la fourniture à la production sous licence. Le calendrier de Washington s'est également précisé : Trump doit désormais recevoir à la fois Zelensky et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu mardi 28 juillet, Breitbart ajoutant que cette journée comporte aussi une cérémonie commémorative pour le regretté sénateur américain Lindsey Graham, décédé le 11 juillet à 71 ans.
Ce qui pourrait se passer ensuite
Un premier axe d'évolution concerne la production : si l'Ukraine commence à fabriquer elle-même le Stone Cloak, ses opérations de drones deviennent moins tributaires des calendriers de livraison, et la Grande-Bretagne obtient un système déjà testé au front pour ses propres missiles de croisière. Un deuxième axe passe par Washington, où la rencontre de mardi montrera si les contacts avec Witkoff et Kushner ont produit quelque chose que les deux présidents peuvent annoncer, ou si la piste rapportée d'un cessez-le-feu aérien reste au stade que le Kremlin juge prématuré de commenter. Un troisième axe concerne la politique intérieure britannique : les sommes citées par Downing Street engagent un nouveau gouvernement sur une voie dont l'importance sur le plan intérieur est elle-même contestée, comme le suggère l'échange rapporté par TASS.
Ukraine
Ukraine
Seeks continuity of British backing under a new prime minister and the ability to produce jamming technology domestically, while reviving negotiations via US channels.
United Kingdom
Royaume-Uni
Pledges unwavering support and hands over the Stone Cloak intellectual property, saying it will not back down until there is a lasting and just peace.
Russia
Russie
Reports the transfer without official comment and says it is too early to comment on reported US-Ukrainian air ceasefire talks.
Également impliqués
United States
À lire
- Burnham va rencontrer Zelensky sur une base navale britannique, en signe de soutien « inébranlable »The Guardian
- Londres va céder à Kiev la propriété intellectuelle des brouilleurs Stone Cloak — cabinet du Premier ministreTASS
- Le Premier ministre britannique Burnham va accueillir Zelensky pour sa première visite d'un dirigeant étrangerSouth China Morning Post